21.12.1914

Journal de Rouen du Lundi 21 décembre 1914

Elbeuf.Manifestation patriotique. – La cérémonie patriotique que, chaque année, l’Association amicale des Anciens Gardes-Mobiles du 3° bataillon de la Seine-Inférieure (bataillon d’Elbeuf) organise en mémoire des frères d’armes décédés, avait lieu hier dimanche. Les événements douloureux et tragiques que supporte si vaillamment notre pays depuis plus de quatre mois, firent se grouper autour des organisateurs d’unanimes et réconfortantes sympathies. L’éclat de cette manifestation qui se déroula au milieu d’une grande affluence, s’en trouva rehaussé. A dix heures se tenait à l’hôtel de ville l’assemblée générale annuelle de l’Association, sous la présidence de son président, M. Georges Lefebvre. A ses cotes se trouvaient MM. Sauson, vice président ; Bonvoisin, trésorier ; Hellouin, secrétaire ; Fournier, secrétaire-adjoint ; Désert, Fromont et Lebeuf, membres du bureau. M. Hellouin fit un compte rendu des travaux de la société au cour de l’année, puis M. Bonvoisin donna connaissance de la situation financière qui se règle par un boni de 976fr.31. Sur la proposition du président, l’assemblée décide à l’unanimité de répartir entre les hôpitaux militaires d’Elbeuf et de Caudebec le montant total des cotisations des membres honoraires. Sur la place de l’Hotel-de-Ville se réunissaient peu après les notabilités et les délégations des sociétés patriotiques de la ville, que recevaient les membres de du comité de l’association. Un cortège se formait alors, précédé des drapeaux des sociétés : les Gardes Mobiles ; les Anciens Militaires (président M. Jean Bruand) ; les Sauveteurs humanitaires d’Elbeuf (vive-président M. Falcot) ; la Ruche d’Elbeuf (président M. A. Périer) ; les Volontaires de 1870-71 (président M. Courtillet) ; les Vétérans des armées de terre et de mer (président M. Maris) ; les Médailles coloniaux (président M. Levasseur) ; et l’Union amicale de 1870-71 (vice-président M. Redon) , pour se rendre à l’église Saint-Jean, ou devait être célébré un service commémoratif à la mémoire des soldats décédés, frères d’armes du 3° bataillon et victimes plus récemment disparues. L’église est remplie d’une assistance receuillie. Dans le choeur prennent place MM. Marcel Olivier, premier adjoint faisant fonctions de maire ; Georges Lefebvre, président des gardes mobiles ; Edouard Martin, capitaine de la Compagnie des Sapeurs-pompiers ; Pouvreau, lieutenant de gendarmerie ; Marais, Vidcoq, Delaunay, Guilbert et Pain, conseillers municipaux ; Houdeville, médecin-major des hôpitaux militaires ; les présidents et délégations des sociétés patriotiques, etc. Sont également présents les soldats convalescents en traitement dans les hôpitaux d’Elbeuf. La messe est dite par M. l’abbé Ricard, curé de Saint-Martin-du-Manoir, ancien garde mobile et ancien aumônier du bataillon d’Elbeuf. M. l’abbé Dubus, professeur de rhétorique au Havre, prononce une allocution patriotique d’un caractère très élevé. L’éloge des braves soldats qui, au prix de leur vie, défendent avec tant d’opiniâtreté et avec un dévouement sublime le sol de notre Pays, répand sur la foule assemblée une émotion visible et difficilement contenue. La bénédiction d’une couronne et le chant du Libera terminent cette partie de la cérémonie. Le cortège se reforme ensuite et se dirige vers le cimetière Saint-Jean. Au pied du monument élevé  » Aux morts pour la Patrie « , et à peu de distance des tombes ou reposent les soldats décédés en notre ville, M. Lefebvre prononce un discours dans lequel il associe en termes heureux et empreints du plus purs patriotismes, les morts de l’année terrible et les plus récentes victimes de la guerre actuelle.  » Pour rappeler ce que nous devons à ces défenseurs de la France, je ne puis, dit-il, mieux choisir que de vous citer les deux vers que les auteurs de ce monument ont eu l’heureuse inspiration de graver sur cette pierre : Ceux qui pour le drapeau sont tombés avant l’heure, Ont droit que le pays se souvienne et les pleure.  » Combien parlent à la pensée les sentiments qui ont inspiré le poète. Unissons nos cœurs dans ces mêmes sentiments d’admiration et de reconnaissance ; que toutes nos pensées se portent vers vous, enfants qui affrontez les dangers des champs de bataille. Unissons dons nos morts d(hier et nos morts d’aujourd’hui.  » Après quelques paroles de remerciements aux assistants, cette belle manifestation prend fin et la foule s’écoule manifestement émue.

Journal de Rouen du Lundi 21 décembre 1914.

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