01.03.1915

ELBEUF. – Un cercle militaire. – Nous recevons le lettre suivante :  » Tout le monde a vu,  non sans regret, nos soldats pendant leurs heures de liberté, errer dans les rues d’Elbeuf sans trouver un local confortable ou ils pussent se délasser de leurs travaux. Suivant le désir et les conseils de quelques amis de l’armée, il vient d’être ouvert un Cercle militaire dans la salle de gymnastique, 6 bis, rue Saint-Jacques, à Elbeuf (place Lécallier). Sous-officiers et soldats, y trouveront un vaste local, avec journaux, jeux, papier à lettres, etc. Ils recevront gratuitement les consommations suivantes : café, thé, chocolat. La dépense prévue pour pour les deux ou trois premiers mois est d’environ 600 francs. Cette oeuvre se recommande d’elle même à nos concitoyens. Les souscriptions seront reçues par le soussigné, ou par M. Portier (maison Canthelou). Les dames, aussi, mères, filles, sœurs et épouses des soldats voudront sans doute coopérer à cette oeuvre. Cela leur sera facile : il suffira pour cela qu’elles envoient du café, du thé, du cacao, du sucre, chez Mme Maryns, 6 bis, rue Saint-Jacques. Les personnes qui désirent visiter l’installation du Cercle militaire peuvent s’adresser à toute heure à Mme Maryns. M. le maire a bien voulu prendre le Cercle militaire sous son patronage. M. le commandant d’armes le recommandera à MM. les sous-officiers et soldats de la garnison d’Elbeuf. Pour les demandes de renseignements, on peut s’adresser au soussigné E. ROEHRICH, Vice-président de la Société antialcoolique d’Elbeuf, à Saint-Aubin-j.-Boulleng, rue Lenepveu.

– Conseil municipal. – Le conseil municipal s’est réuni vendredi dernier, à huit heures et demi du soir, en session ordinaire sous la présidence de M. Marcel Olivier, premier adjoint, faisant fonctions de maire. M. Renoud est désigné comme secrétaire.

Communication de l’administration. – En l’absence du docteur Grosclaude, désigné pour diriger un hôpital militaire du Calvados, les différents services médicaux et d’hygiène de notre ville ont été assumés par le docteur Montel. Par suite de son retour, le docteur Grosclaude a repris la direction de ces services, et le conseil s’associe aux remerciements adressés au docteur Montel par l’administration.
– La recette de la soirée de réouverture du cinéma Gaumont s’est élevée à 300 francs qui ont été remis à l’administration pour être répartis entre les hôpitaux militaires d’Elbeuf.
– La journée du 75 a produit en notre ville la somme de 5,186 fr. 85 qui ont été transmis à la préfecture.
– Mme Hémery, veuve de l’ancien major de l’hôpital temporaire mixte n°4, rue de Paris, décédé à Elbeuf, a fait remettre à la mairie une somme de 300 fr. en mémoire de son mari.
– Les services postaux étant en partie réorganisés, le conseil émet un avis favorable au relatif à la suppression, le dimanche, de la 3° distribution des courriers ainsi qu’à celle de la 2° levée des boites de quartier.
– M. Jouen, horloger rue de la Nation, est désigné pour remplacer M. Ernst, horloger municipal, mobilisé.
– Propositions d’initiative. – M. Pain fait observer que malgré les instructions relatives à la réduction de l’éclairage public, les façades des salles de cinéma ont conservé leur éclairage intensif. Le maire répond qu’une commission, récemment nommée par l’autorité militaire, va réglementer l’éclairage public et privé en vue d(incursions possibles d’avions.
– M. Pain donne lecture d’une motion votée par le conseil municipal de Lyon dans le but d’éviter la spéculation sur le blé et les farines et conséquemment l’augmentation du prix du pain, et demande le cote d’une motion semblable. M. Olivier, tout en reconnaissant le bien fondé, tout au moins partiel, de l’intervention de son collègue, trouve cette question bien complexe et en demande le renvoi pour pour étude et examen à une prochaine séance.
– M. Pain s’inquiète de la situation des réfugiés à Elbeuf, et demande que la base des salaires minima pour la suppression de l’allocation soit élevée de 3 fr.25 à 4 fr. Le maire lui répond que la commission spéciale qui fut chargée de l’étude de cette question, n’a fixé cette base de salaires qu’après un travail très sérieux. Les réfugiés ont reçu et reçoivent des secours importants en nature et les allocations en espèces s’élèvent, à l’heure actuelle, à plus de 35,000 fr. De plus, les enfants perçoivent des chaussures et des vêtements au même titre que les indigents d’Elbeuf. Il invite M. Pain à venir consulter les enquêtes et rapports de la commission, lesquels ont reçu, l’approbation entière de la préfecture.
– M. Broquin appelle l’attention de l’administration sur le mauvais état de réfection de certaines rues de la ville aux endroits ou des tranchées ont été faites pour le passage des câbles électriques. Le nécessaire sera fait incessamment, des instructions ayant été données à ce sujet.

Affaires diverses. – M. Guilbert donne lecture d’un rapport sur sa proposition antérieure de donner à l’une des rues de la ville le nom de « Reine Elisabeth », « Reine des Belges », et conclut au choix fait par la commission, de la rue des Trois-Cornets. M. Pain fait observer que le choix de cette rue lui parait insuffisant par sa situation même et que cette dénomination aurait du être réservée à une rue ou place plus centrale, telles : la rue de la Barrière, la place du Calvaire ou celle du Coq. Après échange d’observations, les conclusions du rapport sont adoptées à la majorité.
– Des avis favorables sont ensuite émis aux délibérations des commissions administratives des établissements ci-après :
1° Orphelinat de garçons. – Budget additionnel de 1914 se réglant en recettes et dépenses par 6.148 fr. 98. Budget primitif pour 1915 se balançant en recettes et en dépenses à 21.068 francs.
2° Bureau de bienfaisance. – Budget primitif pour 1915 : Recettes, 47,058 fr. : dépenses, 51,723 fr ; excédent de dépenses, 4,665 fr.
3° Hospices. – Budget primitif pour 1915 : Recettes, 251,252 fr. ; dépenses 259,122 fr., soit un excédent de dépenses de 7,870 fr.
– Un incendie, rapidement enrayé, s’est déclaré à l’église Saint-Jean le dimanche 3 janvier dernier. Après expertise contradictoire avec la compagnie d’assurances, le dommage a été évalué à 752 fr. 53, indemnité dont le conseil autorise l’encaissement pour être affectée aux réparations.

L’ordre du jour étant épuise, la séance publique est levée et le conseil se constitue en comité secret.

Journal de Rouen du Lundi 1er Mars 1915

SAINT-AUBIN-JOUXTE-BOULENG. – Conseil municipal. – Démission de M. Maille. – Du compte rendu, publié par l’Elbeuvien, de la séance du conseil municipal de Saint-Aubin, du 4 février, nous détachons l’incident que voici : M. LE MAIRE informe le Conseil que, à la suite d’incidents et de difficultés de toutes sortes, il a du prendre une grave détermination et adresser sa démission de maire. Il donne lecture, au Conseil, de sa lettre à M. le préfet de la Seine-Inférieur :  » Monsieur le Préfet, J’ai l’honneur de vous exposer que la situation qui m’est faite ne peut continuer plus longtemps. J’assiste à des actes que ma conscience réprouve et suis même obligé de participer à ces actes. Mon influence morale est anéantie. De plus, une serie de plaintes anonymes et autres sont adressées à M. le procureur de la République contre moi ; mes moindres actes sont dénaturés et les gendarmes enquêtent tous les jours contre moi. C’en est trop. J’ai l’honneur de vous adresser ma démission de maire de la commune de Saint-Aubin-jouxte-Boulleng et vous prie de bien vouloir l’accepter, car ma résolution est irrévocable. Je vais convoquer le Conseil municipal mardi prochain pour régler les affaires de la session de février et celles en cours et, ensuite, je lui remettrai le mandat qu’il m’a confié et cesserai complètement de m’occuper des affaires communales. Je conserverai dans ma retraite, le meilleur souvenir de la bienveillance avec laquelle vous m’avez toujours accueilli et du concours dévoué que vous avez donné au règlement des affaires intéressant la commune que j’administre comme adjoint et comme maire depuis plus de 42 ans. Je suis entré au Conseil municipal en 1870, avant la guerre. A ce moment, mes amis et avons eu à subir de nombreuses injustices. Je finirai  de même pendant cette terrible guerre. La Justice et la Vérité sont mises de coté. Veuillez agréer, Monsieur le préfet, l’hommage de mes sentiments respectueux. Isidore MAILLE. »

M. le Maire ajoute à la lecture de cette lettre quelques explications, et cite des faits très précis montrant avec quelle mauvaise foi ses adversaires lui créent des difficultés sans cesse renouvelées. Plusieurs conseillers insistent pour que, dans les circonstances actuelles, et malgré les difficultés qu’ils connaissent, M. Maille conserve ses fonctions. Finalement, la protestation suivante est adoptée à l’unanimité :  » Les conseillers municipaux de Saint-Aubin, après avoir entendu les explications de M. le maire concernant les difficultés croissantes que lui suscite une campagne ininterrompue de diffamations, d’injures et de dénonciations calomnieuse, presque toujours anonymes, et regrettant la décision qu’il se voit obligé de prendre, protestent avec indignation contre les procédés odieux employés contre lui par des adversaires sans scrupules; Déclarent l’assemblée communale tout entière atteinte par les attaques inqualifiables dirigées contre un honnête homme qui, depuis plus de 40 ans, consacre toute son activité aux intérêts généraux du pays ; Approuvent sans réserve son attitude dans toutes les circonstances ou il a du défendre sa dignité de magistrat municipal et, se solidarisant avec lui, le prient de recevoir la nouvelle assurance de leur profonde estime et de leur entière confiance. »

Journal de Rouen du 1er mars 1915.

 

 

 

 

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